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Quel premier cigare acheter au Maroc ? Le guide du débutant
Par la maison CIGARA, publié le , mis à jour le

Le premier cigare se rate souvent, et presque jamais à cause du cigare. Un module trop puissant choisi pour impressionner, fumé trop vite, l’estomac vide, coupé au canif et allumé au briquet à essence : l’expérience tourne court, et l’on conclut à tort que « le cigare, ce n’est pas pour moi ». C’est dommage, car un premier cigare bien choisi et bien mené est un moment véritablement à part — et au Maroc, il coûte moins qu’on ne le croit : entre 35 et 200 DH au barème officiel, pour un vrai havane ou un Davidoff.
Ce guide fait le tour de ce qui compte : quel cigare acheter, à quel prix, où le trouver, quand et comment le fumer, ainsi que les pièges classiques qui gâchent la découverte.
Quel premier cigare acheter au Maroc : six choix au barème
Au Maroc, le prix de chaque cigare est fixé par l’État et identique dans tout le circuit officiel ; notre barème 2026 le détaille marque par marque. Voici les modules que nous conseillons pour un premier soir, tous disponibles à l’unité au comptoir :
| Cigare | Format | Durée | Force | Prix officiel |
|---|---|---|---|---|
| Quintero Panetelas | panetela courte | 30 min | douce | 35 DH |
| H. Upmann Half Corona | demi-corona | 30 min | douce | 110 DH |
| Montecristo No. 4 | petit corona | 45 min | moyenne | 150 DH |
| Romeo y Julieta Coronas | corona | 45 min | douce à moyenne | 150 DH |
| Hoyo de Monterrey Petit Robusto | petit robusto | 40 min | douce | 180 DH |
| Davidoff Grand Cru No. 5 | petit corona | 40 min | douce | 200 DH |
Le Quintero Panetelas à 35 DH est le premier essai sans enjeu : un havane roulé à Cuba, court et simple, qui apprend le geste sans engager un billet ; notre guide des cigares cubains pas chers compare ses vingt et un voisins de barème. Le H. Upmann Half Corona à 110 DH est, à notre sens, le vrai cigare de découverte : une demi-heure, un tirage facile, une douceur crémeuse qui laisse percevoir quelque chose dès la première fois. Le Montecristo No. 4 à 150 DH est le classique par lequel des générations d’amateurs ont commencé — un peu plus corsé, mais d’une régularité exemplaire, et l’on en trouve la bague dans chaque tabac sérieux du royaume. Le Hoyo de Monterrey Petit Robusto à 180 DH fait le pont vers le format épais, tout en rondeur. Enfin le Davidoff Grand Cru No. 5 à 200 DH, dominicain et non cubain, est l’option « zéro mauvaise surprise » : la maison est réputée pour la régularité de ses cigares — tirage, combustion, cape irréprochables —, et le Grand Cru No. 5, doux et crémeux, en est le module d’initiation historique. Son petit frère, le Primeros à 95 DH, offre la même signature en vingt-cinq minutes.
Deux options en marge du tableau. En dessous, le petit format : un cigarillo Montecristo Mini à 14 DH ou Cohiba Mini à 16 DH donne le goût d’une marque pour le prix d’un café, sans remplacer un cigare. Au-dessus, la tentation du Cohiba : le Panetelas à 330 DH ou le Siglo I à 400 DH sont d’excellents cigares, mais un palais qui débute n’y percevra rien de plus qu’à 110 DH. Gardez-les pour le troisième ou le quatrième.
Choisir son premier cigare
Le format : court, mais pas maigre
Le réflexe du débutant est de prendre soit le plus impressionnant, soit le plus petit. Les deux se trompent. Un gros module corsé, c’est une heure trente de combustion et une charge de nicotine dimensionnée pour un habitué. Un cigarillo très fin, à l’inverse, chauffe vite et brûle âcre ; il pardonne moins qu’on ne le croit.
Le bon terrain d’apprentissage est un format court à diamètre moyen : un petit corona (une demi-heure) ou un robusto (45 minutes à une heure). Le diamètre moyen, un cepo de 40 à 50, donne un tirage confortable et une fumée assez fraîche, et la durée reste dans ce qu’une première attention peut soutenir.
La force : douce à moyenne, sans complexe
Le vocabulaire de la dégustation distingue le corps (la texture de la fumée), la puissance (l’effet de la nicotine) et les arômes ; notre lexique détaille ces nuances. Pour débuter, la consigne est simple : corps léger à moyen, puissance douce. Le palais non entraîné ne distingue rien au-delà ; commencer corsé, c’est écouter un orchestre avec des bouchons d’oreilles.
Et qu’on se le dise : la douceur n’est pas un aveu de faiblesse. La teinte de la cape ne dit d’ailleurs rien de la force : un cigare clair peut être puissant, un maduro sombre tout en rondeur. Fiez-vous au conseil du vendeur, pas à la couleur.
Où l’acheter au Maroc : au comptoir officiel, jamais ailleurs
Inutile de commencer par une grande vitole de collection, faute d’avoir encore les repères pour l’apprécier. Mais fuyez aussi le premier prix douteux : au Maroc, plus de 30 % des cigares circulent en contrebande, souvent mal stockés quand ils ne sont pas contrefaits, et un cigare desséché ou trafiqué condamne l’expérience d’avance. Le barème étant administré, un cigare nettement moins cher que le prix officiel n’est jamais une affaire : c’est un faux ou un cigare abîmé.
Achetez donc dans le circuit officiel : les cinq comptoirs Habanos — Casa del Habano de Casablanca, de Rabat et de Marrakech, Habanos Especialist de M Avenue —, l’humidor d’un grand hôtel ou un tabac agréé qui garde ses cigares en cave. Le vendeur d’une Casa del Habano conseille volontiers un débutant et vend à l’unité ; notre guide où acheter détaille le circuit ville par ville. Un cigare correct se reconnaît au toucher, souple sous une pression douce, sans craquement, la cape lisse et sans fissure.
Préparer le moment
Un cigare n’est pas une cigarette qu’on grille entre deux portes : c’est 45 minutes qui ne se compressent pas. Le cadre fait la moitié de l’expérience :
- Après un repas. Jamais l’estomac vide : c’est la première cause de nausée du débutant. Le café ou le thé à la menthe font d’excellents compagnons ; l’alcool n’est en rien obligatoire, l’eau plate est même le meilleur révélateur d’arômes.
- Au calme, dehors ou dans un lieu prévu pour. Terrasse aux heures douces, fumoir, et du temps devant soi. Un cigare pressé est un cigare gâché.
- Avec le bon matériel. Une coupe nette et un allumage propre changent tout : nos guides de la coupe et du briquet torche couvrent les deux gestes en détail. Pour le premier soir, retenez le minimum : guillotine dans la calotte, jamais sous l’épaule, et toastage du pied avant les premières bouffées. Le reste du kit, du cendrier à l’étui, est détaillé dans notre guide des accessoires cigare indispensables.
Fumer, concrètement
- Tirez doucement, comme sur une paille dans un milk-shake. La fumée s’installe en bouche une à deux secondes, se goûte, puis s’expire. Elle ne s’inhale jamais : c’est la différence fondamentale avec la cigarette, et la règle numéro un.
- Une bouffée par minute, environ. Plus vite, le tabac surchauffe et vire à l’âcre ; plus lentement, le cigare s’éteint. Ce rythme lent est précisément le plaisir : le cigare impose de ralentir.
- Laissez vivre la cendre sur deux à trois centimètres avant de la rouler, sans taper, contre le cendrier : elle régule la température de combustion.
- Essayez la rétro-olfaction à mi-cigare : expirez une petite part de fumée par le nez, doucement. C’est là que le bouquet se déploie vraiment. Allez-y par petites touches, la muqueuse n’aime pas l’excès.
- Arrêtez-vous quand vous n’y prenez plus plaisir. Le dernier tiers est le plus corsé ; aucun code d’honneur n’oblige à finir. Posez le cigare dans le cendrier : il s’éteindra seul, dignement ; on n’écrase jamais un cigare.
Si le cigare s’éteint en route (cela arrive aux meilleurs), rallumez-le sans complexe : soufflez d’abord doucement au travers pour chasser la fumée froide, puis reprenez l’allumage comme au premier jour.
Décoder ce que vous goûtez
Ne cherchez pas, au premier cigare, les « notes de cuir et de sous-bois » des chroniques : le palais se construit par familles larges avant d’aller au détail. Quatre suffisent pour commencer :
- le boisé (cèdre, bois sec) : la colonne vertébrale de la plupart des cigares ;
- le terreux (terre humide, champignon, cave) : signature des tabacs cubains et de bien des dominicains ;
- l’épicé (poivre, muscade) : parfois un piquant net sur la langue et en rétro-olfaction ;
- le sucré (miel, cacao, café, fruits secs) : discret, souvent porté par la cape.
Repérez aussi la progression par tiers, la vraie dramaturgie d’un cigare. Le premier tiers est le plus doux : le cigare « s’ouvre », c’est le moment des arômes délicats. Le deuxième installe le corps et le rythme de croisière. Le dernier concentre puissance et chaleur : c’est là que le débutant s’arrête sans remords, et là que l’amateur aguerri trouve son compte. Sentir cette montée, même grossièrement, c’est déjà déguster. Le reste est une affaire d’heures de vol, et le vocabulaire viendra s’y accrocher naturellement.
Les cinq erreurs qui gâchent un premier cigare
- Voir trop grand : le double corona corsé « pour marquer le coup ». Commencez modeste, montez ensuite.
- Fumer comme une cigarette : inhaler, tirer vite, écraser à la fin. Trois gestes à désapprendre d’emblée.
- Négliger l’état du cigare : un module sec ou spongieux était condamné avant la première bouffée. Au moindre doute, notre guide de la conservation en climat sec explique ce qu’un cigare doit être au toucher.
- L’estomac vide et sans eau : le combo nausée. Un repas avant, un verre d’eau pendant, quelque chose de sucré à portée en cas de coup de pompe.
- Se laisser intimider par la bague à retirer ou pas, la cendre parfaite, le vocabulaire : le folklore n’est pas le sujet. Un débutant qui prend son temps fume mieux qu’un poseur pressé.
Et après le premier ?
Si l’expérience vous a plu, la suite est un jeu : reprenez le même cigare une deuxième fois (le palais découvre toujours plus au second passage), puis variez une chose à la fois : le format d’abord, l’origine ensuite. Quelques notes après chaque cigare (format, force ressentie, ce qui a plu ou non) construisent vos repères plus vite que n’importe quel classement.
Et le jour où trois ou quatre boîtes s’accumulent, la question du stockage se posera ; elle a ses réponses simples, avec cave ou sans. Bienvenue dans un plaisir qui ne se pressera jamais.
Ce guide est publié par CIGARA, la boutique d’accessoires cigares au Maroc : humidors, coupe-cigares et briquets torche, bientôt disponibles à Rabat, Casablanca et Marrakech.
Questions fréquentes
- Quel premier cigare acheter au Maroc ?
- Un petit format doux à moyen, pris au comptoir officiel. Les choix les plus sûrs du barème 2026 : le Quintero Panetelas à 35 DH pour un premier essai sans enjeu, le H. Upmann Half Corona à 110 DH (une demi-heure, doux, le vrai cigare de découverte), le Montecristo No. 4 à 150 DH (le petit corona classique, 45 minutes, moyennement corsé) le Hoyo de Monterrey Petit Robusto à 180 DH (court, rond, très doux) et, hors Cuba, le Davidoff Grand Cru No. 5 à 200 DH, le cigare doux le plus régulier du barème : avec Davidoff, aucune mauvaise surprise de tirage ni de combustion. Réservez le Cohiba pour plus tard : le Siglo I à 400 DH ne dira rien de plus à un palais qui débute.
- Combien coûte un premier cigare au Maroc ?
- Entre 35 et 200 DH pour un vrai cigare de débutant, havane ou Davidoff, au barème administré d’avril 2026 — identique dans tout le circuit officiel, de Rabat à Marrakech. En dessous, les José L. Piedra à 32 DH et les Quintero à 15–45 DH sont de vrais cigares cubains à petit prix ; les cigarillos Montecristo Mini (14 DH) ou Cohiba Mini (16 DH) permettent de goûter une marque pour le prix d’un café. Inutile de dépasser 200 DH le premier soir.
- Où acheter son premier cigare au Maroc ?
- Dans un point de vente officiel : les cinq comptoirs Habanos (Casa del Habano de Casablanca, Rabat et Marrakech, Habanos Especialist de M Avenue à Marrakech), les humidors des grands hôtels ou un tabac agréé qui conserve ses cigares en cave. Le vendeur d’une Casa del Habano conseille volontiers un débutant et vend à l’unité. Jamais en ligne ni par livreur : il n’existe aucune vente en ligne légale de cigares au Maroc, et un prix nettement inférieur au barème signale une contrefaçon ou un cigare mal conservé.
- Faut-il inhaler la fumée d’un cigare ?
- Non, jamais. Contrairement à la cigarette, le cigare se déguste en bouche : on tire doucement, on laisse la fumée envelopper le palais une ou deux secondes, puis on l’expire. Les arômes passent par les papilles et la rétro-olfaction, pas par les poumons ; inhaler n’apporte que de l’âcreté et une dose de nicotine brutale.
- Pourquoi mon premier cigare m’a-t-il donné la nausée ?
- Presque toujours l’un de ces trois facteurs, souvent combinés : un cigare trop puissant pour commencer, un rythme trop rapide qui fait chauffer le tabac et concentre la nicotine, ou l’estomac vide. Un module doux, une bouffée par minute, après un repas, avec un verre d’eau et quelque chose de sucré à portée : la nausée du débutant est très évitable.
