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Le cigare à Casablanca : boutiques, bars et bonnes adresses
Par la maison CIGARA, publié le , mis à jour le

Marrakech a les palaces, Rabat la diplomatie ; Casablanca a le marché. La capitale économique est la ville marocaine qui compte le plus d’adresses cigare — deux des cinq boutiques officielles du royaume, dix-neuf points de vente agréés, la seule manufacture du pays — mais elle ne les met pas en vitrine : elle les éparpille de Bourgogne à Aïn Diab, du Maârif au port. À Casablanca, le cigare est une affaire d’habitués plus que de touristes. Voici la carte : où acheter et où fumer un cigare à Casablanca.
Boutiques de cigares à Casablanca : deux officielles, deux styles
Bourgogne, le club-house
Ouverte en janvier 2019 au 6, rue Ibnou Jahir, La Casa del Habano de Bourgogne est la boutique la plus complète du pays : plus de 400 références au catalogue, un « Fumoir d’Exception » où l’on s’installe pour déguster, des casiers privés pour les habitués, des caves sur mesure et même une livraison nationale — un service de boutique, qui se commande auprès du boutiquier, pas une vente en ligne. C’est le club de facto des aficionados casablancais : on y vient autant pour le conseil et la conversation que pour l’achat.
Al Massira, l’historique
Au 23, boulevard Al Massira Al Khadra, l’adresse du Maârif est l’ancienne de la ville, tenue par le distributeur exclusif des havanes au Maroc. Moins spectaculaire que Bourgogne, plus près des bureaux : c’est le comptoir où l’on passe entre deux rendez-vous. Ces deux boutiques sont les seules de Casablanca approvisionnées directement par le circuit officiel Habanos ; notre guide des circuits d’achat explique pourquoi cela compte.
La seule ville qui roule ses cigares
Curiosité que ni Marrakech ni La Havane ne peuvent offrir : Casablanca fabrique, dernier chapitre de l’histoire du cigare au Maroc. Une manufacture locale — qui opère sous le nom « Habanos S.A. », homonyme sans lien avec la maison cubaine — cultive et roule à la main des puros 100 % marocains, dans ce qu’elle présente comme la première usine de cigares d’Afrique. On les découvre dans sa boutique-club, entre modules locaux et conversation d’atelier. Aucun palmarès international à ce jour, mais pour l’amateur curieux, c’est une dégustation qui n’existe nulle part ailleurs ; notre guide des marques la remet dans le paysage du marché.
L’histoire aime les clins d’œil : c’est sur les hauteurs d’Anfa, à Casablanca, que Churchill et Roosevelt se sont retrouvés en janvier 1943 pour la conférence dite de Casablanca — le cigare du Premier ministre en toile de fond. Un siècle après le monopole d’Algésiras, la ville ne se contente plus d’importer le cigare : elle le produit.
Bars à cigares à Casablanca : du Royal Mansour à Rick’s
Le Bar du Royal Mansour, avenue des FAR, est le premier bar de la ville à s’être décrit lui-même comme bar à cigares, et la référence : élégance fifties, whiskies rares, humidor garni de cubains et clientèle d’habitués. C’est l’adresse du soir, et elle dépanne aussi à l’unité quand on arrive les mains vides.
Trois compléments selon l’humeur. Le « Fumoir d’Exception » de Bourgogne, pour fumer au milieu des casiers, en boutique, sans cérémonie. Le rooftop du 28ᵉ étage de la Kenzi Tower, qui assume un espace fumeur avec la plus belle vue de la ville. Et le mythique Rick’s Café, reconstitution assumée du bar du film, qui tolère le cigare en salle — les avis des non-fumeurs en témoignent, c’est dire — sous un dress code smart casual : ni short, ni t-shirt, ni sac à dos, la maison y tient. Pour la table, les institutions du centre — la Taverne du Dauphin près du port, depuis 1957 — restent des maisons où un module ne surprend personne : les cercles d’amateurs casablancais y tiennent leurs dîners, cigare allumé à table. Notre guide des fumoirs du Maroc complète le tour d’horizon.
Une nouvelle génération d’adresses assume désormais le cigare en salle. Annabel’s, 17 rue El Houcine Ben Ali, à deux pas du Sacré-Cœur, occupe un immeuble Art déco sur trois niveaux : cigar bar et cave à cigares et spiritueux au rez-de-chaussée, restaurant à l’étage, lounge au sommet, ouvert de midi à 2 h, jusqu’à 3 h du jeudi au samedi. L’Octave, 6 rue Michel-Ange à Racine, ouvert en 2025, réserve son deuxième étage à un Cigar Club de fauteuils club et de Chesterfield, quartet live en bas. Même adresse, autre porte : Bond, le speakeasy de la maison ouvert en 2026, bar à cocktails dont les vitrines rétroéclairées alignent cognacs et boîtes de cigares ; appelez avant pour le module. Le Café M du Hyatt Regency, place des Nations Unies, brasserie d’habitués, tient cave à vins et cave à cigares où l’on choisit son module au humidor. Et sur la Corniche, la terrasse du Four Seasons et son brasero de zellige bleu et or sont, de l’aveu de la maison, l’endroit du cigare et de l’apéritif face à l’océan ; Kyúb, sa table latino-côtière, y ajoute un Cigar Room. Deux salons encore : au cœur du quartier des affaires, le Library, Cigar Lounge & Bar de l’hôtel Odyssee Center, bibliothèque de milliers de volumes, alcools de choix et cigares ; et sur la Corniche, le « Roméo et Juliette » du Shore Club, salon cigare à l’anglaise du complexe d’Aïn Diab, entre le restaurant Le Métis et le Sea Lounge. À Anfa enfin, la Terrasse Jasmin du Le Casablanca Hôtel (19, boulevard Moulay Rachid), ouverte de 8 h à 23 h sur les jardins et la piscine, laisse fumer le cigare à table dans son décor Art déco ; on y vient avec le sien.
Les cercles d’amateurs, eux, ont leurs tables. La Villa Boga, 7 rue de la Tempête à Aïn Diab — le Boga Boga des Casablancais depuis 1982, rouvert en juin 2024 —, les voit se retrouver autour d’une grande table ronde, module à la main. Hors les murs, à Bouskoura, Casa José, table espagnole du club-house du golf de Casa Green Town, ouverte tous les jours de midi à 23 h, accueille leurs soirées : terrasse face aux greens, coin cheminée et deux salons privés. Ni l’une ni l’autre ne se présente comme bar à cigares ; appelez avant pour savoir où l’on peut allumer le sien.
Dix-neuf adresses, une carte
La carte du distributeur recense dix-neuf points de vente agréés à Casablanca — le record national — mais tous ne se valent pas. Les civettes spécialisées d’abord : les trois Brooklyn Smoke Shop (Aïn Diab, Racine, Taddart) et Pipe House, où l’on trouve du conseil. Absente de la carte, La Brume, tabac et concept store des Faubourgs d’Anfa (boulevard Abdellah Bencherif, Casablanca Finance City), tient aussi un rayon cigares et ouvre tard en soirée. Les caves ensuite, Drinks & Co en tête, pour joindre le flacon au module. Le reste — stations- service, supérettes, comptoirs d’hôtel — dépanne plus qu’il ne conseille : utile un dimanche soir, pas pour composer une boîte. La liste complète, avec itinéraires, se trouve en fin de notre guide où acheter ; partout, le réflexe est le même : appeler avant de se déplacer, les arrivages sont irréguliers.
Ce que l’océan change pour vos cigares
Bonne nouvelle : Casablanca est la ville la plus clémente du circuit marocain. L’Atlantique tempère ce que Marrakech assèche, et un module survit mieux à un week-end casablancais qu’à deux jours dans le sud. La menace change de camp : elle vient de la climatisation des chambres et des bureaux, qui assèche l’air intérieur, et des écarts entre brume du matin et après-midi ensoleillé. Les réflexes restent donc les mêmes, en version détendue : un étui rigide pour la journée, un sachet de régulation dans le bagage pour le séjour — notre guide de l’hygrométrie donne les dosages — et l’achat au fil de l’eau plutôt que la boîte du premier jour.
Le cadre et les prix
La loi 15-91 interdit de fumer dans les hôpitaux, les administrations, les transports en commun, les salles de spectacle et les salles de cours ; ni les cafés, ni les restaurants, ni les bars, ni les hôtels n’y figurent. L’usage casablancais tient en deux gestes : la terrasse par défaut, l’intérieur là où la maison l’assume — un humidor au bar vaut réponse. La ville étant plus affaires que villégiature, la veste est rarement de trop le soir.
Côté tarif, les prix sont administrés par l’État et identiques dans tout le circuit officiel : un Montecristo No. 4 à 150 DH, un Cohiba Siglo I à 400 DH, ici comme à Marrakech. Personne ne vous fera de prix, et c’est votre meilleure protection : un cigare nettement sous le barème est un faux, dans une ville portuaire où la contrebande n’est pas une légende. Notre barème officiel des prix des cigares au Maroc donne le tarif de chaque module.
Une journée casablancaise, version amateur
- Matin. Passage à La Casa del Habano de Bourgogne : deux ou trois modules choisis au walk-in, un conseil sur les arrivages, un étui si vous n’en avez pas.
- Après-midi. La corniche d’Aïn Diab pour marcher, la médaille du détour : le parvis de la mosquée Hassan II face à l’océan — on ne fume pas sur le parvis, on regarde.
- Soir. Dîner au centre, puis le Bar du Royal Mansour pour le module de la soirée, ou le Fumoir d’Exception si la conversation vous manque. Le rooftop de la Kenzi Tower si la nuit est douce.
Les réflexes du visiteur
- Appelez avant de vous déplacer, boutiques comme bars : les stocks sont irréguliers, même au comptoir officiel.
- Achetez au comptoir, jamais en ligne ni « par livreur » : il n’existe aucune vente en ligne légale de cigares au Maroc.
- Méfiez-vous du prix cassé : le tarif administré est votre garantie d’authenticité, surtout dans une ville de port.
- Goûtez le puro marocain. C’est le souvenir que personne d’autre ne rapportera, et il se trouve uniquement ici.
Casablanca ne fait pas de cérémonie. Mais pour l’amateur qui sait où pousser les portes — un walk-in humidor à Bourgogne, un fauteuil avenue des FAR, une volute face à l’Atlantique — la ville blanche est, discrètement, la capitale marocaine du cigare au quotidien.
Ce guide est publié par CIGARA, la boutique d’accessoires cigares au Maroc : humidors, coupe-cigares et briquets torche, bientôt disponibles à Rabat, Casablanca et Marrakech.
Questions fréquentes
- Où acheter des cigares à Casablanca ?
- Dans les deux boutiques officielles La Casa del Habano : celle du quartier Bourgogne, la plus complète du pays avec son « Fumoir d’Exception » et plus de 400 références, et l’adresse historique du Maârif, boulevard Al Massira Al Khadra. S’y ajoutent la boutique-club de la manufacture casablancaise qui roule le puro 100 % marocain, les civettes spécialisées comme Brooklyn Smoke Shop ou Pipe House, et, pour le module du soir à l’unité, l’humidor du Bar du Royal Mansour. Appelez avant de vous déplacer : les arrivages sont irréguliers.
- Où fumer un cigare à Casablanca ?
- Le Bar du Royal Mansour, avenue des FAR, est le premier bar de la ville à s’être décrit comme bar à cigares : élégance fifties, whiskies rares, sélection cubaine. Annabel’s, cigar bar et cave rue El Houcine Ben Ali, et le Cigar Club de L’Octave, rue Michel-Ange, doublé de Bond, son speakeasy ouvert en 2026, ont rejoint le cercle, avec le Café M du Hyatt Regency et sa cave à cigares. La Casa del Habano de Bourgogne joue le rôle de club des aficionados avec son « Fumoir d’Exception » et ses casiers privés. Pour l’après-dîner, le rooftop du 28ᵉ étage de la Kenzi Tower assume un espace fumeur avec vue, et le mythique Rick’s Café tolère le cigare en salle. Côté table, les cercles d’amateurs se retrouvent à la Taverne du Dauphin, à la Villa Boga d’Aïn Diab et chez Casa José, au golf de Bouskoura. Partout ailleurs, la terrasse est la règle de courtoisie.
- Les cigares sont-ils moins chers à Casablanca ?
- Non, et c’est une bonne nouvelle : les prix sont administrés par l’État, publiés par circulaire douanière et identiques dans tout le circuit officiel. Un Montecristo No. 4 coûte 150 DH à Casablanca comme à Marrakech ou Rabat. Un cigare nettement moins cher que le barème n’est pas une affaire, c’est un faux : la contrebande représente plus de 30 % de la consommation nationale. Notre barème officiel des prix détaille toutes les références.
- Qu’est-ce que le puro 100 % marocain de Casablanca ?
- Une curiosité que l’on ne trouve nulle part ailleurs : une manufacture casablancaise — qui opère sous le nom « Habanos S.A. », homonyme sans lien avec la maison cubaine — cultive et roule à la main des puros entièrement marocains, dans ce qu’elle présente comme la première usine de cigares d’Afrique. Ils se dégustent et s’achètent dans sa boutique-club de Casablanca. Aucun palmarès international à ce jour, mais une dégustation unique et un sujet de conversation imbattable au fumoir.
