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Cigare à Marrakech : boutiques, bars à cigares et hôtels (2026)
Par la maison CIGARA, publié le , mis à jour le

Marrakech compte deux des cinq comptoirs officiels Habanos du Maroc : La Casa del Habano de l’Hivernage, ouverte en 2018, et Habanos Especialist by Mehdi Bennani, au local L110 de M Avenue. Pour fumer, trois hôtels tiennent un humidor au bar : le Royal Mansour, La Mamounia et le Selman. Un Montecristo No. 4 y coûte 150 DH, le prix officiel, identique dans tout le royaume. Reste à savoir où aller, quand, et comment ne pas gâcher ses modules dans la ville la plus sèche du circuit.
Pourquoi Marrakech concentre tout
Trois raisons se cumulent. La densité de palaces d’abord : La Mamounia, le Royal Mansour, le Selman, Es Saadi, autant de maisons qui ont les moyens d’un humidor tenu et d’un personnel formé. La clientèle internationale ensuite, qui fait vivre une offre que le marché local seul ne soutiendrait pas. Le quartier de l’Hivernage enfin, qui rassemble boutiques et bars dans un mouchoir de poche, là où Casablanca éparpille ses adresses sur toute la ville.
Résultat : c’est la seule ville marocaine où l’on peut acheter une boîte, s’installer dans un salon pour la fumer, et dîner à dix minutes de là sans jamais reprendre la voiture.
Boutiques de cigares à Marrakech : l’Hivernage et M Avenue
La Casa del Habano, boutique et salon
Ouverte le 25 avril 2018 au 1572, Résidence Prestige, rue Hafid Ibrahim, la boutique de l’Hivernage est le point d’ancrage : walk-in humidor où l’on entre choisir, casiers privatifs pour les habitués, et un vrai salon de dégustation avec ses happy hours. La maison propose même une formule d’adhésion donnant accès à un salon privé et à son casier personnel, et elle est tenue par un patron amateur de cigares, ce qui s’entend au premier conseil.
Attention à l’enseigne : cette adresse opère aujourd’hui aussi sous le nom HAVANA Lounge & Restaurant, la maison ayant élargi le lieu à la table et aux soirées musicales. Même rue, même walk-in humidor : si votre chauffeur ne connaît pas « La Casa del Habano », donnez-lui « Havana Lounge, rue Hafid Ibrahim ». C’est l’adresse qui règle les deux questions d’un coup, acheter et fumer, sans avoir à négocier son cigare avec un maître d’hôtel.
Une seconde adresse, plus récente, tient le comptoir de M Avenue, la nouvelle artère du quartier, sous l’enseigne Habanos Especialist by Mehdi Bennani (local L110) : label Habanos d’un cran sous la Casa del Habano, même exploitant, boutique plus resserrée, pratique pour un achat rapide.
Ces deux comptoirs sont les seuls de Marrakech approvisionnés par le distributeur exclusif des havanes ; notre guide des circuits d’achat explique pourquoi cela compte, et notre barème officiel donne le tarif de chaque module.
Hors du circuit des havanes, une adresse d’achat compte : L’Épicerie Fine & Co, boulevard Mohammed VI dans la zone de l’Agdal, cave à vins et épicerie de luxe qui tient une cave à cigares signée Davidoff, près de 120 références, ouverte tous les jours de 10 h à 20 h. C’est le seul comptoir Davidoff identifié en ville, et le complément naturel des deux comptoirs Habanos pour qui cherche autre chose qu’un cubain.
Les bars du quartier
Le Bar Selman annonce sur sa propre carte des cocktails « et des cigares », avec un choix des grandes marques : c’est la valeur sûre du quartier hors palace, ouverte tous les soirs de 18 h à 1 h, DJ résident électro-lounge et assiettes à partager à l’appui. Le Piano Bar d’Es Saadi, plus feutré et vintage, complète la liste pour varier les soirées sans quitter l’Hivernage, et dépanne quand les palaces affichent complet.
Le Palace, avenue Echouhada, est l’adresse de nuit du quartier : restaurant de cuisine française, bar à champagne avec DJ et, en retrait sans être isolé, un salon cigare de fauteuils de velours rouge et de boiseries, prolongé d’une terrasse plus calme où l’on fume à table. La carte des alcools vaut celle d’un grand bar parisien ; on y vient pour la soirée entière, pas pour un module tranquille.
À quelques minutes, à Guéliz, l’Arroz Bar tient le registre du bar à tapas avec une armoire à cigares bien garnie : Davidoff, Camacho, Zino, la famille Davidoff au complet, servis avec les cocktails de la maison. C’est l’adresse que Davidoff Maroc a choisie pour la soirée de son Private Club en septembre 2026, ce qui dit assez la place qu’elle a prise chez les amateurs de la ville.
Toujours à Guéliz, rue Imam Chafii, Habanera est la table des viandes maturées, ouverte tous les jours de 17 h à 2 h, musique live à l’appui. La maison sert désormais les Davidoff, Late Hour Churchill en tête, pour prolonger le repas : l’adresse du cigare d’après-dîner, plus que du salon.
Trois autres bars assument le cigare noir sur blanc. Au nord de l’Hivernage, face au Théâtre royal, le Havanita Lounge, Wine & Cigars du Grand Plaza (ex-Opera Plaza) aligne un bar et un salon privé, fauteuils club et sélection de cubains, live band le soir. À Guéliz, 20 rue Ibn Aïcha, le Montecristo, institution depuis 2004, cultive le thème cubain : cigare et cocktail au Sinatra’s Bar, havanes sur la terrasse du Sky Lounge, jusque tard dans la nuit. Et sur l’avenue Echouhada, le Nobu Bar & Lounge du Nobu Hotel annonce sa « fine sélection de cigares » avec ses cocktails, de 18 h à 1 h. À Guéliz encore, NOSSO (rue du Draa, angle rue du Lieutenant-Lamure), lounge-jardin ouvert toute la journée — brunch, cocktails, chicha, matchs sur écran —, laisse fumer le cigare à table ; on y vient plutôt avec le sien.
Hors de l’Hivernage : la médina et la Palmeraie
Trois adresses valent le détour hors du quartier. Dans la médina, Dar Moha, 81 rue Dar El Bacha, est le riad du XVIIIe siècle du chef Moha, cuisine marocaine revisitée autour d’un bassin de zellige : on y finit le déjeuner ou le dîner au jardin, cigare et verre en main, c’est l’usage de la maison. Réservez et faites-vous guider, l’adresse se mérite. Dans la Palmeraie, le Ksar Char-Bagh, palais mauresque de quinze suites membre des Relais & Châteaux, tient un salon cigare à côté de son billard anglais et de son bar-bibliothèque : le fumoir le plus confidentiel de la ville, à réserver comme on réserve une table. Plus loin encore, sur la route d’Amizmiz, le Bar du Fairmont Royal Palm tient son propre salon cigare au cœur du golf, ouvert de 9 h à 1 h : une salle feutrée qui s’anime le soir, et une terrasse sur le parc, l’Atlas en toile de fond.
Trois palaces encore, hors quartier. Sur la route de Ouarzazate, le Vue Bar de l’Oberoi sert vins, spiritueux et cigares au piano, entre Chesterfield et cheminée, avec le canal et l’Atlas en toile de fond ; à côté, le bar de l’Amanjena tient sa cave à cigares et son salon d’après- dîner, cigare et chicha. Dans la médina, près de la Koutoubia, la Villa des Orangers garde une cave à cigares où finir la soirée.
Bars à cigares et fumoirs de palace à Marrakech
Les adresses qui suivent sont propres à Marrakech ; pour les autres villes, voyez notre guide des lounges et fumoirs du Maroc.
Le Bar à Cigares du Royal Mansour
Le seul salon à cigares de palace du pays formellement identifié comme tel. Au premier étage du bâtiment principal, un humidor de bois précieux, de verre et de nacre, garni de grandes marques majoritairement cubaines, et des canapés profonds d’esprit dandy où l’on s’installe pour la soirée. Particularité appréciable : la maison admet le cigare personnel dès lors qu’on le déguste au bar, ce qui autorise à venir avec un module rapporté de voyage. Les horaires ne sont pas publiés : on réserve. Au verre, une large carte de whiskies et de rhums, et des vins marocains qui méritent la curiosité.
Le Bar Churchill de La Mamounia
Le fumoir de la vieille école, hommage au client le plus célèbre de la maison, auquel Cigar Aficionado a consacré ses colonnes. La maison a poussé le décor jusqu’au bout : le bar est aménagé en voiture Pullman, clin d’œil au passé ferroviaire de l’hôtel, chêne fumé et murs rétroéclairés. Humidor au bar, où les Partagas tiennent le haut du pavé, havanes servis avec cérémonie, de 18 h à 23 h. Le dress code est strict : pas de tenue de plage après 18 h. C’est l’adresse où l’on va pour le décor autant que pour le cigare, et l’un des rares endroits du pays où l’ensemble tient encore du rituel.
À deux pas du Churchill, le Grand Casino La Mamounia sort du registre du fumoir : il a organisé en mai 2024 un concours de tenue de cendre, le « Long Ash », doté d’une boîte de vingt Davidoff. Ces rendez-vous restent rares et ne s’annoncent que quelques jours à l’avance ; nous en gardons la trace dans les événements du cigare au Maroc.
Ce que Marrakech fait à vos cigares
Voilà le point que les guides touristiques oublient, et il vaut tous les conseils d’adresse. Marrakech est très sèche, plus que Casablanca ou Tanger que l’Atlantique tempère, et une chambre climatisée assèche encore l’air. Un cigare vit à 65-70 % d’humidité ; laissé à l’air libre dans ces conditions, il perd ses huiles en quelques jours. Les symptômes sont sans appel : cape terne, bague qui se décolle, craquement sous les doigts au moment de couper, tirage brûlant.
Trois réflexes suffisent :
- L’étui rigide pour la journée. Deux ou trois doigts, jamais la poche de chemise : la chaleur du corps et le soleil de la place font le reste.
- Le sachet de régulation dans le bagage. Un Boveda 69 % dans une boîte hermétique transforme votre valise en cave de voyage ; notre guide de l’hygrométrie détaille les dosages.
- L’achat au fil de l’eau. Plutôt qu’une boîte le premier jour, achetez vos modules à mesure : le stock reste dans l’humidor de la boutique, qui le tient mieux que votre chambre.
Pour un séjour prolongé, notre guide de la conservation en climat sec s’applique à Marrakech en accéléré.
Le cadre : loi, usages, dress code
La loi 15-91 interdit de fumer dans les hôpitaux, les administrations, les transports en commun, les salles de spectacle et les salles de cours. Ni les cafés, ni les restaurants, ni les bars, ni les hôtels n’y figurent, et la réforme votée en 2008 pour les y ajouter n’a jamais été publiée au Bulletin officiel. L’usage local tient donc en trois gestes : la terrasse par défaut, l’intérieur seulement là où la maison l’assume, et un mot au maître d’hôtel dans le doute. Le climat aide : à Marrakech, la terrasse est agréable l’essentiel de l’année, et c’est de toute façon le meilleur endroit pour un module.
Côté tenue, les palaces sont formels après 18 h. Une veste légère règle la question, et évite de découvrir le dress code à la porte du Churchill.
Le prix ne se négocie pas
Rappel utile dans une ville où l’on marchande tout : les prix des cigares sont administrés par l’État, publiés par circulaire douanière, et identiques dans tout le circuit officiel. Un Montecristo No. 4 coûte 150 DH à Marrakech comme à Casablanca ; un Cohiba Siglo I, 400 DH ; un Behike, de 2 000 à 2 800 DH l’unité. Personne ne vous fera de prix, et c’est une bonne nouvelle : le tarif administré vous protège de l’arnaque au touriste.
Le corollaire est plus sévère : un cigare nettement moins cher que le barème est un faux. Aux abords de la médina comme sur les réseaux sociaux, les « cubains » à prix cassés existent, et la contrebande représente plus de 30 % de la consommation nationale. Le comptoir officiel n’est pas une préférence, c’est la seule garantie.
Trois jours à Marrakech, version amateur
- Jour 1, prendre ses marques. Passage à La Casa del Habano de l’Hivernage : on choisit deux ou trois modules, on demande conseil sur les arrivages du moment, on repart avec un étui. Le soir, dégustation sur place au salon de la boutique, sans cérémonie.
- Jour 2, le grand jeu. Réservation au Bar à Cigares du Royal Mansour ou au Bar Churchill de La Mamounia, veste sur le dos, un module de belle taille et le temps devant soi. C’est la soirée qu’on raconte au retour.
- Jour 3, la respiration. Un module court en terrasse en fin d’après-midi, puis les emplettes du retour : la franchise douanière autorise 25 cigares sans déclaration, soit exactement une boîte, à condition de la protéger pour le voyage. Le duty free du terminal 1 de l’aéroport Ménara vend bien du tabac, cigares compris, mais n’y comptez pas pour une belle boîte : le choix n’a rien de comparable à celui d’un walk-in humidor, et l’oubli se paie cher.
Les réflexes du visiteur
- Appelez avant de vous déplacer, boutiques comme bars de palace : stocks irréguliers d’un côté, horaires non publiés de l’autre.
- Achetez au comptoir officiel, jamais en ligne ni au souk : il n’existe aucune vente en ligne légale de cigares au Maroc.
- Protégez vos modules, étui et sachet de régulation : la sécheresse de Marrakech est le premier ennemi de votre séjour.
- Commencez doux. Entre la chaleur, le décalage et un dîner marocain copieux, un module modeste sert mieux la soirée qu’un trophée ; notre guide du débutant vaut aussi en voyage.
Marrakech ne remplacera pas La Havane. Mais pour fumer quelque part, sous une arche de l’Hivernage, dans le fauteuil d’un bar où Churchill avait ses habitudes, avec les montagnes de l’Atlas en toile de fond, peu de villes offrent un décor à la hauteur d’un grand module.
Ce guide est publié par CIGARA, la boutique d’accessoires cigares au Maroc : humidors, coupe-cigares et briquets torche, bientôt disponibles à Rabat, Casablanca et Marrakech.
Questions fréquentes
- Où acheter des cigares à Marrakech ?
- Dans les deux comptoirs officiels du réseau Habanos de la ville : La Casa del Habano de l’Hivernage, ouverte en 2018, avec son walk-in humidor, ses casiers de membres et son salon de dégustation, et Habanos Especialist by Mehdi Bennani, plus récent, au local L110 de M Avenue. Ce sont les seuls comptoirs de Marrakech approvisionnés par le distributeur exclusif des havanes, donc les seuls à garantir l’origine. Hors havanes, L’Épicerie Fine & Co, boulevard Mohammed VI à l’Agdal, tient une cave à cigares Davidoff d’environ 120 références. Pour un module à l’unité en soirée, les humidors du Royal Mansour et de La Mamounia servent aussi au verre. Appelez avant de vous déplacer : les arrivages sont irréguliers.
- Peut-on fumer un cigare en terrasse à Marrakech ?
- Oui. La loi 15-91 vise les hôpitaux, les administrations, les transports en commun, les salles de spectacle et les salles de cours ; ni les cafés, ni les restaurants, ni les bars, ni les hôtels n’y figurent. En pratique, la terrasse est la règle de courtoisie, et le climat de Marrakech s’y prête l’essentiel de l’année. À l’intérieur, on s’en tient aux établissements qui assument le cigare, un humidor au bar valant réponse. Dans le doute, un mot au maître d’hôtel suffit.
- Faut-il réserver pour les bars à cigares de Marrakech ?
- Pour les palaces, oui. Le Bar à Cigares du Royal Mansour ne publie pas ses horaires : un appel évite la porte close et permet de vérifier le dress code au passage. Le Bar Churchill de La Mamounia ouvre de 18 h à 23 h avec une tenue exigée, pas de vêtements de plage après 18 h. La Casa del Habano de l’Hivernage, elle, se fréquente sans façon aux heures de boutique.
- Comment conserver ses cigares pendant un séjour à Marrakech ?
- Avec un étui rigide et un sachet de régulation, systématiquement. Marrakech est la ville la plus sèche du circuit marocain du cigare : une boîte laissée ouverte dans une chambre climatisée perd son humidité en quelques jours, et une cape qui craque ne se rattrape pas. Un étui deux ou trois doigts pour la journée, un sachet Boveda 69 % dans le bagage pour le reste du séjour, et vos 25 cigares de franchise rentreront en état.
